Réforme institutionnelle au Bénin : le personnel de l’ex-Médiateur officiellement intégré au CES
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la réorganisation du Conseil économique et social (CES). Par une décision signée le 31 août 2026, son président, Abdoulaye Bio Tchané, a officiellement reversé dans les effectifs du CES le personnel qui travaillait au sein de l’ancienne administration du Médiateur de la République. Une mesure qui traduit concrètement la réforme ayant intégré les fonctions de Médiateur au sein du CES.
La réforme institutionnelle engagée au Bénin en 2026 entre progressivement dans sa phase opérationnelle. Après le transfert des fonctions du Médiateur de la République au Conseil économique et social, c’est désormais la situation administrative des agents de l’ancienne institution qui est clarifiée.
Dans sa décision n°2026/63/CES/PT/DC/SG/DPAF/SGC/SA, datée du 31 août 2026, le président du CES, Abdoulaye Bio Tchané, dispose que « le personnel en service dans l’administration de l’ancien Médiateur de la République est reversé dans l’effectif du personnel du Conseil économique et social ».
Cette décision formalise ainsi le changement de rattachement administratif des agents concernés. Il ne s’agit pas d’un recrutement de nouveaux agents, mais d’une intégration du personnel déjà en fonction dans l’ancienne administration de la Médiation de la République au sein de la nouvelle organisation du CES.
Une conséquence directe de la réforme institutionnelle
Cette évolution découle de la modification du cadre juridique du Médiateur de la République. En juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté la loi n°2026-11 modifiant la loi relative à l’institution du Médiateur de la République. L’une des principales innovations de cette réforme est que les fonctions de Médiateur sont désormais exercées par le premier vice-président du CES
La réforme a ainsi profondément modifié l’architecture institutionnelle jusque-là en vigueur. Le Médiateur n’est plus organisé comme une institution autonome distincte du CES. Ses missions sont désormais intégrées au dispositif institutionnel du Conseil économique et social.
Conrad Gbaguidi, élu premier vice-président du CES le 22 juillet 2026, exerce ainsi les fonctions de Médiateur de la République dans le nouveau dispositif.
Le nouveau règlement intérieur du CES, adopté le 20 août puis déclaré conforme à la Constitution par la Cour constitutionnelle le 27 août 2026, est venu préciser les modalités de cette nouvelle organisation.
Le personnel désormais rattaché au CES
La décision du 31 août constitue l'une des conséquences administratives de cette réforme. Les agents qui travaillaient au sein de l’ancienne administration du Médiateur sont désormais officiellement intégrés aux effectifs du CES.
Le secrétaire général du CES, Aziz Armel Paraïso, a d’ailleurs expliqué que cette décision faisait suite à la validation du nouveau règlement intérieur. Selon ses déclarations, l’objectif n’est pas de procéder à des licenciements ou à des renvois, mais de permettre au personnel concerné de poursuivre ses activités dans le nouveau cadre institutionnel.
La mesure prend effet à compter de la date de signature de la décision, soit le 31 août 2026. Le texte précise également qu’il abroge toutes les dispositions antérieures qui lui seraient contraires.
Le reversement ne signifie pas encore une affectation individuelle
Une précision demeure importante : l’intégration dans les effectifs du CES ne signifie pas que chaque agent a déjà reçu son affectation définitive dans un service précis.
La question du redéploiement fonctionnel doit être traitée dans le cadre de la nouvelle organisation administrative de l’institution.
Cette étape a été évoquée lors d’une séance de travail tenue le vendredi 18 septembre 2026 entre le secrétaire général du CES et les responsables administratifs issus de l’ancienne administration du Médiateur. La rencontre avait notamment pour objectif d’expliquer aux agents les implications de la réforme et de préciser les prochaines étapes de leur intégration.
Selon les explications rapportées à l’issue de cette rencontre, le redéploiement fonctionnel des agents interviendra après la finalisation du règlement administratif du CES. Celui-ci doit notamment préciser l’organisation des services, la répartition des responsabilités ainsi que les modalités d’affectation du personnel.
Les missions de médiation demeurent
Si l’ancienne configuration institutionnelle du Médiateur disparaît, la fonction de médiation, elle, demeure dans la nouvelle architecture.
Les citoyens confrontés à des difficultés dans leurs relations avec l’administration continuent ainsi de disposer d’un mécanisme de médiation. Le dispositif est désormais porté par le CES, avec le premier vice-président de l’institution exerçant les fonctions de Médiateur de la République.
Le Médiateur de la République a d’ailleurs déjà tenu une session en juillet 2026 sous la présidence de Conrad Gbaguidi. Cette session avait notamment permis d’examiner 69 recours concernant 23 administrations publiques.
La réforme ne marque donc pas la disparition de la mission de médiation auprès des citoyens. Elle modifie plutôt son cadre institutionnel et son rattachement administratif.
Une nouvelle organisation pour le CES
L’intégration du personnel de l’ex-Médiateur intervient alors que le Conseil économique et social met progressivement en place les structures de sa huitième mandature.
Le CES doit désormais composer avec des missions élargies et avec des ressources humaines provenant de l’ancienne administration de la Médiation. L’enjeu est donc de parvenir à une organisation administrative cohérente entre les personnels, les missions et les nouveaux services.
Le reversement décidé par Abdoulaye Bio Tchané constitue, à ce titre, une étape importante dans la mise en œuvre concrète de la réforme. Il apporte une réponse au statut administratif du personnel concerné, tandis que les prochaines décisions devront préciser son déploiement au sein des différentes structures du CES.
La réforme entre ainsi dans une phase davantage opérationnelle : après la modification du cadre légal, l’intégration des fonctions de médiation et l’adoption du nouveau règlement intérieur, c’est désormais l’organisation humaine et administrative de l’institution qui se met progressivement en place.
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