*Conférence spirituelle mensuelle au Centre Gbessou à Porto-Novo*
*La Grande Conscience interpelle sur la nécessité pour l'homme de reconnaître son guide intérieur*
*_Ce mercredi 02 septembre 2026, la Grande Conscience a ouvert au Centre Gbessou de Porto-Novo la séance mensuelle d’échanges par un préalable d’une rigueur ontologique.*_
D’emblée, il a posé le cadre de son intervention : « Je suis dans le corps pour cracher la vérité et non tourner autour du pot ». Par ailleurs, il a levé toute ambiguïté d’ordre théologique. Il n’est point une divinité exigeant l’adoration, car le véritable Dieu ne détourne pas l’homme de lui-même : il l’oriente plutôt vers son intériorité, lieu premier de la révélation. En outre, il a certifié qu’il ne réclamerait jamais d’argent pour son œuvre. En effet, ni la terre, ni l’eau, ni le vent n’exigent rien de l’homme pour son séjour en ce monde. C’est pourquoi, selon ses propres termes, il est venu « faire toucher du doigt la valeur de la terre, de l’eau et du vent ». Ce préalable établi, il a invité Ayihadaho à restituer la synthèse de la conférence précédente, consacrée à "L’Homme qui pense au royaume des cieux". Cela fait, la Grande Conscience a introduit le thème du jour : "Pourquoi dit-on que l’homme ne doit pas être seul ?"
En premier lieu, il a déconstruit le présupposé de la solitude comme une illusion épistémique. Selon lui, penser que l’homme est seul relève d’une fausse éducation et d’un conditionnement qui méconnaît la structure relationnelle de l’être. En réalité, le Dieu Ordonnateur a soutenu que l’homme est toujours accompagné d’une force. Certes, l’enfant advient au monde sous la tutelle du père et de la mère : la mère, en tant que matrice qui lui confère la forme ; le père, comme passeur chargé de lui révéler le monde. Toutefois, ils ne sont que des parents visibles, des accompagnateurs extérieurs. Grâce à eux, l’enfant adopte la voix, les mœurs et l’usage du monde, initiation que la société prolonge parallèlement. C’est la raison pour laquelle la perte des parents est vécue comme un deuil, un vide, une condition d’orphelin. Pourtant, en vérité spirituelle, l’homme ne vient jamais seul au monde.
En second lieu, la Grande Conscience a opéré un déplacement du visible vers l’invisible, du dehors vers le dedans. Il nous est enjoint, a-t-il rappelé, "d’honorer son père et sa mère afin d’avoir une longue vie". Or, les véritables parents de l’enfant habitent son intérieur et constituent son guide à travers des injonctions perçues mais souvent ignorées, faute d’instruction spirituelle. Pour illustrer le mode de fonctionnement de ce guide intérieur, la Grande Conscience a attiré l’attention des participants sur plusieurs réalités tangibles. Ainsi, il a déclaré : "si le gouvernement béninois a légiféré pour interdire la bastonnade, l’instance intérieure, elle, prescrit la maîtrise de soi. Et quiconque transgresse cette loi immanente s’expose à des sanctions, telles que la paralysie découlant du mauvais comportement". Par conséquent, la fonction des parents extérieurs est téléologique : orienter l’enfant vers ses éducateurs intérieurs. En vérité, le seul ami de l’homme est sa voix intérieure, cette conscience qui le prévient de nuit comme de jour. Lorsque l’homme lui désobéit, des maux surgissent comme rappels. Cependant, l’homme demeure sourd à ces signes.
De cette analyse découle une pédagogie de l’intériorité.
En clair, écouter son dedans est gage de sérénité et de sécurité ontologique. Dès lors, il convient de conduire les enfants sur cette voie, plutôt que de recourir à la coercition corporelle. En les dirigeant vers leur intérieur, on les met en communion avec leur propre essence. Désormais, a martelé la Grande Conscience, il faut conduire les enfants vers "leurs vrais parents". Cela seul permet de remédier aux maux qui déciment. Car chaque enfant porte en lui son propre précepteur. L’homme qui naît prend la coloration de son intérieur. Autrement dit, considérer qu’un enfant vous appartient est une erreur gravissime, génératrice de parricide et de dévoiement. Il revient donc aux parents visibles d’opérer cette maïeutique : révéler à l’enfant que ses vrais guides sont en lui. Cela l’amène à adopter de bonnes habitudes, en respectant la loi de la vie qui consiste à ne jamais tuer un animal ni un poisson, ni les consommer. En faisant siens les principes de la terre, auréolés des verbes accepter, supporter et transformer, la vie de l’enfant s’harmonise avec son intérieur, qui le guide en toute circonstance.
En conclusion péremptoire, le Dieu Ordonnateur a proclamé : « L’homme ne naît jamais seul, il vient au monde toujours avec son guide ». Il est temps, a-t-il insisté, que les hommes éveillent la conscience de leurs prétendus enfants à la réalité de leur intériorité, car c’est là que réside leur force spirituelle et non dans la protection par les gris-gris. Ainsi, l’homme vient au monde accompagné de celui qui doit veiller sur lui.
Reconnaître cette co-présence, c’est se décharger du poids illusoire de la possession et entrer dans l’ordre d’une éducation spirituelle fondée sur la lucidité, la responsabilité et la vérité de l’être.
*Youssouf TOUDONOU*
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