Le Bénin a marqué un tournant décisif, mercredi 9 septembre 2026, en accueillant à Cotonou le deuxième séminaire ministériel de haut niveau consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité. Cette rencontre, organisée dans le cadre du Processus de Swakopmund, a rassemblé des représentants des États membres de l’Union africaine, des responsables du Conseil de paix et de sécurité (CPS), des experts et des personnalités engagées sur les questions de genre. Elle intervient alors que le Bénin assure la présidence du CPS pour ce mois de septembre.
L’objectif affiché est clair : donner une nouvelle impulsion au processus lancé en Namibie en 2024, qui vise à renforcer la parité des genres dans les institutions africaines et à accroître la participation des femmes aux mécanismes de prévention et de règlement des conflits. Deux ans après son lancement, l’heure est au bilan : mesurer les avancées, mais surtout identifier les obstacles qui freinent encore une représentation équilibrée des femmes dans les espaces décisionnels.
Malgré les engagements pris au niveau continental, les femmes demeurent sous-représentées dans les institutions et dans les processus liés à la paix et à la sécurité. Ce décalage entre les principes adoptés et leur mise en œuvre effective a constitué le cœur des débats de Cotonou. Les travaux se sont articulés autour des trois piliers de l’agenda « femmes, paix et sécurité » : participation, prévention et protection.
À l’ouverture, la ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a réaffirmé l’engagement du Bénin à utiliser sa présidence du CPS comme levier pour faire avancer ces priorités. Elle a insisté sur la nécessité de donner aux femmes les moyens d’agir, de les protéger et de leur permettre d’accéder davantage aux espaces de décision.
La cheffe de la diplomatie béninoise a également mis en avant les mesures nationales, notamment la gratuité de l’enseignement secondaire général et technique public pour les filles, considérée comme un levier essentiel pour préparer une participation plus forte des femmes à la vie économique, sociale et institutionnelle. Elle a par ailleurs appelé les États membres à soutenir la mise en œuvre de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, rappelant que la protection contre les violences est un préalable à une participation pleine et effective.
Les panels ont permis d’examiner les difficultés persistantes et de proposer des pistes d’action pour traduire les principes de parité en mesures concrètes. L’enjeu est désormais de passer des engagements aux actes, afin d’améliorer durablement la présence des femmes dans les institutions et les mécanismes de décision.
La rencontre a enregistré la participation de figures de référence telles que Liberata Mulamula, Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité, Doris Mpoumou, Représentante spéciale d’ONU Femmes auprès de l’Union africaine et de la CEA, ainsi que l’ancienne vice-présidente de l’Ouganda, Speciosa Naigaga Wandira Kazibwe.
Avec ce deuxième séminaire ministériel, Cotonou entend franchir une nouvelle étape dans le Processus de Swakopmund. Pour le Bénin, il ne s’agit plus seulement de réaffirmer le principe de l’égalité entre les sexes, mais de créer les conditions de sa traduction effective dans les institutions, les mécanismes de paix et les espaces de décision.
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