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Menstruations au Bénin : la presse et les créateurs de contenu s’engagent pour briser les tabous

Par LTC Admin - 15/09/2026
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Menstruations au Bénin : la presse et les créateurs de contenu s’engagent pour briser les tabous


À Cotonou, la question des menstruations sort progressivement du silence. Journalistes, blogueurs, caricaturistes et créateurs de contenu se mobilisent pour contribuer à changer les regards sur la santé, la dignité et la justice menstruelles. Cette dynamique s’est notamment illustrée à travers le concours « Médias engagés pour la SDJM », porté par le consortium « RÈGLE MOI ÇA » et mis en œuvre par l’ONG Héroïnes d’Aujourd’hui, avec le soutien de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB).


À travers cette initiative, les organisateurs entendent faire de la gestion de l’hygiène menstruelle un véritable enjeu de dignité, de santé publique et de justice sociale au Bénin.


Une bataille qui se joue aussi dans les mentalités


La cérémonie de remise des prix, organisée le mercredi 9 septembre 2026, a constitué un moment à la fois festif et engagé. Au-delà de la récompense des meilleures productions, l'initiative vise surtout à contribuer à la levée des tabous et à la lutte contre la précarité menstruelle, qui affecte encore l'épanouissement et la scolarité de nombreuses filles.


Pour Nadège Bignon ANAGO, Présidente de l'ONG Héroïnes d'Aujourd'hui, l'enjeu dépasse largement la seule question de l'accès aux protections hygiéniques.


« Aucune femme, aucune jeune fille ne devrait voir son potentiel bridé, sa scolarité interrompue ou sa dignité piétinée en raison d'un phénomène naturel et biologique », a-t-elle rappelé.


Si la distribution de kits d'hygiène peut constituer une réponse immédiate aux difficultés matérielles, la responsable de l'ONG insiste sur la nécessité d'agir également sur les représentations sociales. Pour elle, la transformation durable passe par la déconstruction des préjugés dans les familles, les établissements scolaires et les communautés.


« Briser le silence permet également d'accompagner les hommes — pères et conjoints — souvent démunis ou réservés face à ce sujet », a-t-elle ajouté.


La presse appelée à jouer un rôle stratégique


Face à ces défis, le consortium « RÈGLE MOI ÇA » et l'ONG Héroïnes d'Aujourd'hui ont choisi de placer les médias au cœur de leur stratégie de sensibilisation. Avec l'accompagnement du Bureau exécutif de l'UPMB, journalistes et créateurs de contenu sont ainsi appelés à contribuer à une meilleure compréhension des enjeux liés à la santé et à la dignité menstruelles.


L'UPMB considère en effet que les médias disposent d'un important pouvoir d'influence dans l'évolution des mentalités et des comportements.


« L'UPMB croit fermement que les médias ne doivent pas être de simples spectateurs, mais des acteurs engagés du développement humain et de la justice sociale », a souligné Benoît Houandja, Secrétaire général de l'UPMB.


Selon lui, l'implication des professionnels des médias dans cette thématique permet également d'améliorer la qualité du traitement journalistique des questions de santé et de genre.


« En encourageant les journalistes à traiter cette thématique, nous contribuons à professionnaliser la couverture des sujets de santé et de genre, tout en débarrassant notre espace public des tabous et de la désinformation », a-t-il ajouté.


Des productions diversifiées et un jury exigeant


L'une des particularités du concours réside dans la diversité des profils mobilisés et des productions proposées. Journalistes de la presse écrite et de l'audiovisuel, blogueurs, créateurs de contenu et caricaturistes ont abordé la problématique menstruelle sous différents angles.


Investigation sociale, plaidoyer numérique, sensibilisation ou encore satire visuelle : les participants ont fait preuve de créativité pour mettre en lumière les réalités vécues par les filles et les femmes.


Les différentes productions ont été soumises à l'appréciation d'un jury d'experts. Présidé par le Dr Tanguy Agoi, Président de l'Observatoire de la Déontologie et de l'Éthique dans les Médias (ODEM), le jury s'est notamment attaché à apprécier la pertinence des contenus, leur impact social ainsi que leur conformité aux exigences éthiques et déontologiques.


Entre accès au savoir, traditions et lutte contre les mythes


Les œuvres récompensées témoignent de la diversité des approches développées par les participants.


L'une des lauréates a notamment mis en avant le rôle du livre et de l'accès au savoir dans la gestion des menstruations. Une approche qui rappelle que la question menstruelle ne se résume pas à l'accès aux protections hygiéniques, mais concerne également l'information, l'éducation et le maintien des filles dans le système scolaire.


Une autre production s'est penchée sur les blocages socioculturels entourant les menstruations. Le candidat a notamment interrogé des gardiens de la tradition, des spiritualistes et différentes autorités afin de confronter certaines croyances populaires aux connaissances biologiques et aux normes internationales.


Des approches différentes, mais complémentaires, qui contribuent toutes à un même objectif : mieux informer pour déconstruire les préjugés et favoriser une société plus inclusive.


Des ambassadeurs pour faire évoluer durablement les mentalités


Pour les initiateurs du concours, la remise des prix ne marque pas la fin de la mobilisation. Les journalistes et créateurs de contenu distingués sont désormais appelés à devenir de véritables relais de la cause.


L'ambition est de voir la Santé, la Dignité et la Justice Menstruelles (SDJM) occuper une place plus régulière dans les contenus médiatiques et numériques.


À travers cette mobilisation, le consortium « RÈGLE MOI ÇA », l'ONG Héroïnes d'Aujourd'hui et l'UPMB misent ainsi sur le pouvoir de l'information et de la création pour faire reculer les tabous.


Au-delà du concours, l'enjeu est de faire évoluer durablement les mentalités afin que les menstruations ne soient plus perçues comme un sujet honteux ou marginal, mais comme une question de santé, de dignité, d'éducation et de justice sociale.

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