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Lutte contre le paludisme au Bénin : le Fonds Zéro Palu mise sur cinq ans pour sauver des vies

Par LTC Admin - 23/10/2026
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Zéro paludisme au Bénin : cinq ans pour sauver les enfants et vaincre la maladie


Mobilisation des ressources nationales, engagement des élus, implication des jeunes et recours aux nouvelles technologies : le Bénin renforce son dispositif de lutte contre le paludisme. Portée notamment par le Fonds Zéro Palu et ses partenaires, cette stratégie ambitionne de faire de l’élimination de la maladie une priorité nationale. Un défi sanitaire majeur qui exige des financements durables, une prévention renforcée et une mobilisation de toute la société.


« Cinq ans pour tuer le paludisme, pas nos enfants. » Au-delà du slogan, cette formule résume l’urgence d’une bataille sanitaire qui continue de coûter des vies et de peser lourdement sur les ménages béninois. Longtemps dépendante des financements extérieurs, la lutte contre le paludisme s’inscrit progressivement dans une dynamique de mobilisation nationale, avec une attention particulière portée aux ressources publiques, à l’engagement communautaire et à l’innovation.


Au Bénin, cette évolution repose notamment sur les initiatives soutenues par la coalition Speak Up Africa et sur l’action du Fonds Zéro Palu, dont le comité de gestion est présidé par Lazare Noulekou. L’ambition est de renforcer les capacités nationales de financement et de coordination afin de faire de la lutte contre cette maladie une responsabilité partagée par l’État, les collectivités territoriales, les parlementaires, les organisations de la société civile et les populations.



L’enjeu est considérable. Le paludisme demeure une menace majeure pour la santé publique, particulièrement pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Face à cette réalité, le Bénin entend consolider son dispositif de riposte et inscrire son action dans une perspective d’élimination durable de la maladie.


Le financement national, premier levier de la riposte


La lutte contre le paludisme ne peut reposer uniquement sur les campagnes de sensibilisation et les interventions ponctuelles. Elle nécessite des ressources financières prévisibles, capables de soutenir dans la durée la prévention, le diagnostic, la prise en charge des malades et les opérations de lutte antivectorielle.


C’est sur ce terrain que le Fonds Zéro Palu entend faire la différence. À travers le plaidoyer auprès des décideurs publics, l’initiative vise à renforcer la place de la lutte contre le paludisme dans les priorités budgétaires nationales et à encourager une mobilisation plus importante des ressources domestiques.


Selon les chiffres communiqués dans le cadre de cette initiative, le budget national consacré à la lutte contre le paludisme est passé de 1,7 million de dollars en 2023 à 4,1 millions de dollars en 2024, soit une progression d’environ 141 %. Une nouvelle hausse de 28,5 % aurait ensuite été enregistrée en 2025.


Ces chiffres, sous réserve de confirmation dans les documents budgétaires officiels, traduisent une évolution significative des ressources annoncées pour cette priorité sanitaire.


L’intérêt d’un tel effort dépasse la seule augmentation des montants. Il s’agit aussi de renforcer la capacité du pays à programmer ses interventions, à mieux coordonner les financements disponibles et à assurer la continuité des actions de prévention et de prise en charge.


La souveraineté sanitaire suppose toutefois davantage que l’inscription de crédits dans le budget de l’État. Elle implique également une exécution effective des dépenses, une traçabilité des ressources, une évaluation des résultats et une allocation des moyens en fonction des besoins réels des populations.



qui exige des résultats mesurables


Malgré les progrès enregistrés dans la mobilisation et l’organisation de la riposte, le défi reste immense. Le paludisme continue d’entraîner des consultations, des hospitalisations, des absences scolaires et professionnelles, ainsi que des dépenses importantes pour les familles.


Les enfants de moins de cinq ans demeurent particulièrement vulnérables. Chaque infection évitable représente un risque sanitaire, mais aussi une épreuve pour les familles et une pression supplémentaire sur le système de santé.


Pour transformer l’ambition du Zéro Palu en résultats durables, plusieurs priorités doivent être maintenues : garantir la disponibilité des moyens de prévention, faciliter l’accès au diagnostic et aux traitements, renforcer la surveillance des cas, soutenir les agents de santé et améliorer les conditions d’assainissement dans les zones exposées.


La transparence financière et la publication régulière des résultats sont tout aussi importantes. Elles permettent aux citoyens, aux partenaires et aux décideurs d’apprécier les progrès réalisés et d’identifier les ajustements nécessaires.


Il faudra notamment suivre l’évolution du nombre de cas et de décès, la couverture des interventions préventives, la disponibilité des traitements et l’impact des campagnes de lutte antivectorielle.


Cinq ans pour changer la trajectoire de la maladie


La perspective d’éliminer le paludisme en cinq ans constitue un objectif mobilisateur. Sa réalisation dépendra néanmoins de la cohérence entre les engagements politiques, les ressources effectivement décaissées, la qualité des interventions et l’adhésion des populations.


Le Fonds Zéro Palu, les autorités publiques, les collectivités territoriales, les parlementaires, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers ont chacun un rôle à jouer dans cette dynamique.


Le Bénin dispose ainsi de plusieurs leviers pour renforcer sa riposte : une mobilisation budgétaire accrue, un plaidoyer mieux structuré, une participation communautaire élargie et des approches innovantes de lutte contre les moustiques.


Mais l’ambition ne pourra être considérée comme une réussite qu’à travers des résultats vérifiables sur le terrain : moins d’infections, moins de décès, une meilleure protection des enfants et un accès plus équitable à la prévention et aux soins.


Cinq ans pour vaincre le paludisme, ce n’est donc pas seulement une échéance. C’est un engagement qui appelle de la constance, des moyens, de la transparence et une responsabilité collective. Car derrière chaque statistique se trouve une vie humaine, et derrière chaque enfant protégé se dessine la possibilité d’un avenir moins exposé à cette maladie évitable.

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