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Inégalités persistantes : ONU Femmes alerte sur la qualité de vie des femmes malgré les progrès

Par LTC Admin - 13/04/2026
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*Société et vie*


*Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais en moins bonne santé*


*_Malgré des avancées notables en matière de santé et de droits reproductifs, les femmes continuent de subir des inégalités structurelles dans les systèmes de santé. Selon l’agence des Nations Unies pour l’égalité des genres, ONU Femmes, si elles vivent plus longtemps que les hommes, elles passent aussi davantage d’années en mauvaise santé, révélant un déséquilibre persistant et préoccupant._*


*Progrès réalisés* 


Les progrès réalisés au cours des 25 dernières années en matière de santé des femmes sont indéniables. Toutefois, ils masquent une réalité plus nuancée : à l’échelle mondiale, les femmes vivent en moyenne 3,8 ans de plus que les hommes, mais passent une part significativement plus importante de leur vie en mauvaise santé. En 2021, elles ont ainsi vécu en moyenne 10,9 années en mauvaise santé, contre 8,0 ans pour les hommes, selon des données des Nations Unies. Cette situation met en lumière une contradiction majeure : une longévité accrue qui ne s’accompagne pas d’une amélioration équivalente de la qualité de vie.


*Des avancées réelles mais inégalement réparties*


D’après ONU Femmes, des progrès mesurables ont été enregistrés. Entre 2000 et 2023, la mortalité maternelle a reculé de 40 %, passant de 328 à 197 décès pour 100.000 naissances vivantes. Parallèlement, les accouchements assistés par du personnel qualifié ont fortement augmenté, atteignant 86,6 %.


Le taux de fécondité chez les adolescentes a également diminué, passant de 66,3 à 38,3 naissances pour 1.000 filles âgées de 15 à 19 ans entre 2000 et 2024. Cependant, ces progrès restent fragiles et inégalement répartis, notamment dans les pays les moins avancés où le nombre de naissances chez les adolescentes continue d’augmenter.


*Biaisé*


Au-delà des chiffres, les inégalités structurelles persistent. Les femmes sont encore moins susceptibles d’être prises au sérieux, correctement diagnostiquées ou traitées de manière appropriée. Le rapport souligne un « système médical historiquement conçu sans tenir compte des femmes ».


Ce biais se traduit notamment par une minimisation fréquente de la douleur féminine, des diagnostics tardifs et des traitements inadaptés. L’exemple de l’endométriose est révélateur : cette maladie, qui touche environ une femme sur dix, peut mettre jusqu’à douze ans à être diagnostiquée.


*Des lacunes*


Les inégalités trouvent aussi leur origine dans la recherche scientifique. Jusqu’en 1993, les femmes étaient largement exclues des essais cliniques, ce qui a conduit à développer des traitements principalement basés sur la biologie masculine.


Aujourd’hui encore, certaines pathologies féminines restent sous-financées et sous-étudiées. Des outils médicaux courants, comme le spéculum, ont peu évolué depuis le XIXe siècle, illustrant un manque d’innovation centrée sur les besoins spécifiques des femmes.


*Maladies cardiovasculaires*


Les maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité chez les femmes, illustrent ces biais. Les symptômes féminins — fatigue, nausées, douleurs dorsales ou à la mâchoire — diffèrent souvent des manifestations typiquement masculines, ce qui entraîne des retards de diagnostic et de prise en charge.


Vers une transformation des systèmes de santé


Face à ces constats, ONU Femmes appelle à repenser en profondeur les systèmes de santé. Cela implique une recherche plus inclusive, des données mieux représentatives, des outils adaptés et une meilleure reconnaissance des spécificités féminines.


Le renforcement de la présence des femmes dans les postes de décision apparaît également comme un levier clé pour améliorer les politiques de santé et les résultats pour l’ensemble des patients.


En dépit des avancées, l’égalité en matière de santé reste donc un objectif inachevé — et un enjeu central pour les années à venir.


*Youssouf TOUDONOU*

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